Le jeu pathologique

Définition

Le jeu pathologique est une forte addiction compulsive aux jeux et paris malgré les conséquences négatives ou le désir d’arrêter. De sévères problèmes de jeux peuvent être diagnostiqués en tant que jeu pathologique clinique si le joueur rencontre certains critères.

Parmi ceux qui s’adonnent aux jeux de hasard et d’argent, certaines personnes développent une pathologie : Le jeu devient une maladie ou une dépendance se traduisant par une impulsion incontrôlable à miser de l’argent.

Caractéristiques de la dépendance

  • Besoin impérieux de faire une activité ou de consommer une substance.
  • Nécessité d’en augmenter la fréquence ou la dose afin d’en maintenir l’effet et d’éviter l’état de manque (malaise, angoisse).

Au Québec, 5 % de la population admet avoir un problème de jeu compulsif. La majorité des acteurs impliqués s’entend pour dire que l’accessibilité est un facteur déterminant dans le développement du jeu compulsif au sein de la population.

On ne mesure pas la pathologie d’un joueur simplement par le montant d’argent qu’il dépense au « jeu ». Un individu à l’aise financièrement peut jouer d’importantes sommes d’argent sans que cela représente un problème pour lui. À l’inverse, le cas de personnes ayant un faible revenu ou bénéficiant de l’aide social, qui dépensent des sommes moins importantes aux jeux d’argent, se révèle parfois beaucoup plus problématique. Le jeu devient pathologique :

  • Lorsqu’il génère plus de difficultés dans la vie de la personne que de divertissement.
  • Lorsque le jeu accapare l’argent dévolu à d’autres fins telles le compte d’électricité ou la facture d’épicerie ou, dans des proportions encore plus graves, le temps et l’attention qui devraient, par exemple, être consacrés à la famille.
  • Lorsque le jeu constitue une dépendance au même titre qu’une substance psychotrope, c’est-à-dire lorsque la personne ne peut s’empêcher ou s’arrêter de jouer.

Facteurs

Il n’existe pas une cause en particulier. Chaque joueur a ses propres raisons de jouer :

  • Nécessité de succès spectaculaire : Ces personnes ont appris qu’on est aimé et estimé des autres pour ce que l’on fait, pour nos succès, plutôt que pour ce que l’on est. De plus, parmi ceux qui ont appris qu’il est nécessaire de performer pour avoir l’attention et être reconnu, la persévérance, peut venir soutenir le comportement de « chasing » (le fait de revenir jouer sans cesse dans le but de regagner l’argent perdu). Le joueur compulsif s’entête à persévérer et non à s’obstiner contre le jeu.
  • Expression de la colère ou de la rébellion : Basé sur l’assomption que le jeu est un comportement qui sera perçu par la famille et les autres comme déviant et dérangeant, certains sont en quête d’une libération d’un état de dépendance émotive par la recherche d’une activité qu’ils peuvent contrôler. Cela en prenant appui sur le lien qu’ils ont établi entre indépendance financière et indépendance émotive.
  • Acceptation sociale : Puisque autour d’une table de jeux, tous sont égaux. (« Si vous avez l’argent, vous êtes accepté. »).
  • Fuite d’émotions douloureuses : Les joueurs dépressifs peuvent ressentir un regain d’énergie ou une libération d’endorphine en jouant. Ensuite, le jeu demande de l’attention, ce qui a pour effet de distraire l’individu de ses problèmes. De plus, les activités à hauts risques comme le jeu, de par les sentiments d’excitation qu’elles procurent, combattent le sentiment de vide et de mort. En outre, pour les personnes souffrant de trouble d’hyperactivité, le jeu, comme la cocaïne ou les amphétamines, a comme effet de les ralentir. Enfin, le jeu peut aussi être pratiqué afin de prolonger la phase « maniaque » d’une maniaco-dépression.

Dépendance physiologique au jeu

Il est supposé, à la lumière de certaines recherches, que plus l’exposition au jeu est longue et fréquente, plus le risque d’une dépendance physiologique est élevé. Différents neurotransmetteurs, tels l’endorphine et la dopamine, semblent jouer dans cette dépendance un rôle tout aussi important que pour la dépendance aux drogues neurostimulantes comme la cocaïne.

Critères diagnostiques

  • Préoccupation par le jeu (exemple : préoccupation par la remémoration d’expériences de jeu passées ou par la prévision de tentatives prochaines ou par les moyens de se procurer de l’argent pour jouer).
  • Besoin de jouer avec des sommes d’argent croissantes pour atteindre l’état d’excitation désiré.
  • Efforts répétés mais infructueux pour contrôler, réduire ou arrêter la pratique du jeu.
  • Agitation ou irritabilité lors des tentatives de réduction ou d’arrêt de la pratique du jeu.
  • Joue pour échapper aux difficultés ou pour soulager une humeur dysphorique (exemple : des sentiments d’impuissance, de culpabilité, d’anxiété, de dépression).
  • Après avoir perdu de l’argent au jeu, retourne souvent jouer un autre jour pour recouvrer ses pertes (pour « se refaire »).
  • Ment à sa famille, à son thérapeute ou à d’autres pour dissimuler l’ampleur réelle de ses habitudes de jeu.
  • Commet des actes illégaux tels que falsifications, fraudes, vols ou détournement d’argent pour financer la pratique du jeu.
  • Met en danger ou perd une relation affective importante, un emploi ou des possibilités d’étude ou de carrière à cause du jeu.
  • Compte sur les autres pour obtenir de l’argent et se sortir de situations financières désespérées dues au jeu.

Mesures de prévention

La lutte contre le jeu pathologique commence par la mise en place de campagnes de prévention, et par la limitation de la publicité audiovisuelle.